CRITIQUE DE LIVRE – BOWLING ALONE: THE COLLAPSE AND REVIVAL OF AMERICAN COMMUNITY
Par Lisa Pridmore
Les écoles et les quartiers où les gens ont tissé des liens solides entre eux sont plus susceptibles d’être solidaires et de s’entraider pour mieux fonctionner. Les gens qui habitent dans des quartiers où des liens sociaux existent sont plus heureux, plus en santé et plus stables sur le plan économique. Les enfants, quant à eux, sont mieux encadrés et réussissent davantage à l’école. Ce sont là les conclusions tirées par Robert D. Putnam dans son plus récent livre intitulé Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community. Dans son livre, Putnam explore la valeur du « capital social », c.-à-d. – la bienveillance des gens et leurs interrelations au sein de leur collectivité. Le capital social est le support sur lequel reposent les collectivités. Aujourd’hui, les gens sont moins susceptibles d’adhérer à des organisations, de faire du bénévolat, de se prévaloir de leur droit de vote ou de socialiser avec des amis qu’il y a 40 ans, et cette situation a des effets dévastateurs sur leur bien-être.
Le programme FETE peut contribuer à améliorer le bien-être des enfants et des adultes puisqu’il aide à bâtir le capital social. En participant à FETE, les parents élargissent leur réseau social. De fait, parmi les parents ayant participé à FETE, 86 % d’entre eux ont déclaré s’être fait de nouveaux amis. FETE crée des liens plus solides entre la collectivité et l’école; 91 % des parents ont indiqué qu’ils s’engageaient plus activement dans les activités scolaires.
Dans son livre, Putnam révèle, avec preuve à l’appui, que lorsque les parents et la collectivité travaillent de concert avec les écoles, les étudiants obtiennent de meilleurs résultats scolaires et poursuivent leurs études. Ces enfants réussissent non seulement à l’école, mais tout au long de leur vie.
Putnam soutient que la société civile américaine est voie d’éclatement. Il a recueilli de nombreuses données statistiques qui démontrent que, comparativement au début du XXe siècle, les liens entre les membres de la famille, les amis, les voisins et les collectivités se dégradent de plus en plus et que les Américains deviennent de plus en plus isolés politiquement. L’ampleur des données à l’appui est étonnante – il a même des statistiques démontrant que, de nos jours, les gens sont moins enclins à pique-niquer les dimanches. Le livre contient des dizaines de tableaux et de graphiques qui retracent toutes les tendances imaginables, comme la participation aux associations des parents-enseignants et le temps que l’on consacre quotidiennement à bavarder.
Le livre Bowling Alone s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la situation des familles et des collectivités d’aujourd’hui. Bien que le livre et les statistiques qu’il renferme soient fondés sur la vie des Américains, ils sont d’un intérêt exceptionnel. Le déclin du capital social n’est pas uniquement un phénomène américain; il se manifeste aussi au Canada. Pour obtenir des renseignements canadiens sur le capital social, consultez : Les contours de la cohésion sociale : l’état de la recherche au Canada par Jane Jenson, Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques, 1998.
Isuma, Revue canadienne de recherche sur les politiques, Printemps 2001, Capital social.
Soyez à l’affût, car nous publierons d’autres articles et renseignements sur le capital social dans les prochains bulletins de Parlons familles et FETE à la une.



