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sur l’intimidation


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Les intimidateurs et les intimidés : définition de l’intimidation, de sa portée et de la marche à suivre pour y mettre un terme.

Vous avez été plus que probablement associé(e) ou avez assisté à des actes d’intimidation au cours de votre vie. L’intimidation ne se limite pas aux terrains de jeux, : elle peut se produire en milieu de travail, au sein d’un quartier ou d’une famille. Notre plus grande expérience de la vie nous permet, nous les adultes, de contrer les comportements d’intimidation. Celle des enfants ne le leur permet pas. C’est pour cette raison qu’il importe au plus haut point que nous apprenions aux enfants à forger des relations saines et à faire face à l’intimidation sur les terrains de jeux, avant qu’ils ne deviennent des adultes qui se livrent à l’intimidation ou en sont victimes.

L’intimidation, qu’est-ce que c’est?

L’intimidation ne se limite pas aux taquineries de terrains de jeux. L’intimidation peut notamment se présenter sous les formes suivantes :

  • Violence corporelle : coups de poing, pincements, harcèlement physique permanent, etc.
  • Menaces : menaces de violence corporelle, de « moucharder quelqu’un », de répandre des « rumeurs » mensongères ou d’exhiber des armes.
  • Violence verbale : injures, taquineries, ragots.
  • Violence sociale : exclusion, bouc émissaire.

On entend par intimidation une « action consciente, volontaire et délibérée, visant à nuire. »(1) L’intimidation N’est PAS un rite de passage, ni une phase « normale » de l’enfance. C’est un problème sérieux, dont les effets sur la vie des enfants peuvent être durables.


Les conséquences de l’intimidation :

Si nous acceptons que nos enfants soient intimidés, que leur enseignons-nous au sujet du monde où ils vivent et de principes comme celui d’assurance, d’ordre et d’équité? Si nous laissons un intimidateur impuni, que leur apprenons-nous? L’inaction face à l’intimidation peut être lourde de conséquences sur la vie de tous ceux qui sont concernés.

  • Faible estime de soi : l’intimidation repose principalement sur l’humiliation, qui abaisse l’estime d’une autre personne au profit de l’intimidateur. L’intimidation peut affecter durablement le sentiment d’assurance d’un enfant, nuire à ses aptitudes à la vie sociale et à son bonheur d’adulte.
  • Culpabilité : leurs actes peuvent susciter ultérieurement un sentiment de culpabilité chez les intimidateurs. Les spectateurs passifs peuvent ressentir de la culpabilité, au souvenir d’avoir encouragé l’intimidateur ou de s’être abstenus d’intervenir. Ces sentiments peuvent persister au cours de la vie d’adulte.
  • Impuissance face aux problèmes : l’intimidateur utilise son agressivité pour l’aider à résoudre d’autres problèmes, dont une faible estime de soi. Ne pas mettre un terme à son intimidation n’apprendra pas à l’enfant à résoudre efficacement ses problèmes, ni à interagir avec les autres.
  • Dépression et conditions défavorables à l’épanouissement personnel : l’école est pour les enfants l’époque de l’éducation, de l’épanouissement et de la découverte d’activités utiles pour leur vie d’adulte. L’intimidation peut gravement compromettre pour un enfant sa participation aux activités scolaires, son acquisition de connaissances ou son plaisir de fréquenter l’école, ainsi que d’autres personnes.
  • Suicide: dans les cas extrêmes, si l’intimidation dure trop longtemps, il peut arriver qu’in enfant décide que la mort est préférable à la poursuite de l’intimidation.


Qui est concerné par l’intimidation?

Les enquêtes révèlent que 30 % des enfants ont été intimidés à l’école, et avec acharnement pour 10 % d’entre eux.(2) L’intimidation culmine chez la tranche d’âge des 11-12 ans, bien que la gravité des incidents ait tendance à augmenter avec l’âge. L’intimidation débute habituellement de manière anodine, puis elle dégénère.

Trois types de personnes sont impliqués dans la majorité des cas d’intimidation : :

  • L’intimidateur;
  • La victime;
  • Les spectateurs.

Les spectateurs soutiennent les intimidateurs en les encourageant, en récompensant l’intimidateur de son comportement (en riant ou en participant) ou en s’abstenant d’intervenir. L’intimidateur poursuit son comportement en toute impunité, parce que les spectateurs détournent la tête ou lui servent de public.


Que puis-je faire contre l’intimidation?

Il importe que les adultes adoptent une attitude proactive à l’égard de l’intimidation. L’intimidation se déroule fréquemment hors de la vue des adultes. Les exemples ci-dessous, de portée générale, illustrent la ligne de conduite que vous pouvez adopter pour empêcher l’intimidation :

  • Comprendre que les victimes souhaitent rarement se plaindre aux adultes, par honte d’elles-mêmes et de ces événements, ainsi que par peur de représailles de la part de leur intimidateur.
  • Communiquer avec ouverture d’esprit et efficacité. Informez sur l’intimidation et sur la marche à suivre dans ce cas. Donnez des consignes à votre enfant et faites-le participer à un jeu de rôles : que ressent-on quand d’autres enfants regardent sans rien faire? Quelles sont les causes d’un comportement d’intimidation? À qui en parler?
  • Enseigner la différence entre moucharder et signaler. C’est la non-intervention à la suite d’un comportement d’intimidation qui est le facteur principal de sa persistance.
  • Donner des suites efficaces et éducatives aux actes des intimidateurs. Mettre à part ou « protéger » l’enfant intimidé ne fait guère avancer la solution du problème. Il est impératif de mettre fin aux agissements des intimidateurs et de résoudre la cause de leur comportement.
  • Traiter le problème de l’intimidation dans sa globalité, en dépassant largement l’intimidateur et de l’intimidé. Les parents, les enseignants, les amis, des inconnus et même la télévision et la culture populaire ont une part de responsabilité dans la motivation ou la dissuasion des intimidateurs. Mettez en place des programmes d’action contre l’intimidation, pour en parler et aborder les moyens d’y mettre un terme.
  • Restaurer l’assurance de soi mise à mal par l’intimidation. Expliquez aux enfants intimidés que la source du problème n’est pas en eux. Faites-les participer à des activités sociales qui rétablissent leur estime d’eux-mêmes et leur permettent d’acquérir les aptitudes nécessaires pour bien réagir face aux intimidateurs.

La cyberintimidation

La cyberintimidation existe depuis relativement peu de temps dans notre culture, qui met à la disposition des intimidateurs les technologies de télécommunication modernes, comme les téléphones cellulaires, Internet et les pages Web pour harceler leurs victimes. C’est un phénomène particulièrement dérangeant, puisqu’il fait sortir l’intimidation du cadre scolaire et la fait entrer dans la vie privée de la victime. La création de pages Web « haineuses » sur un élève donné, le harcèlement en ligne, voire même la prise et la diffusion massive de photos compromettantes sont quelques exemples de ce phénomène. L’auteur de la cyberintimidation n’est pas nécessairement une connaissance – il arrive que l’intimidé n’ait jamais rencontré l’intimidateur.

Les solutions déjà mentionnées peuvent également s’appliquer à la cyberintimidation, ainsi que les mesures complémentaires ci-dessous:

  • Placez les ordinateurs dans des endroits faciles d’accès, utilisés fréquemment et surveillez l’utilisation d’Internet par votre enfant.
  • Expliquez à votre enfant de ne pas répondre aux intimidateurs en ligne.
  • Incitez vos enfants à ne pas taire l’intimidation dont ils sont victimes.
  • Faites part des ces incidents à votre fournisseur de services de téléphonie cellulaire/d’accès Internet.
  • Ne supprimez pas les messages des intimidateurs. Ils sont indispensables pour apporter aux autorités compétentes la preuve des faits que vous avancez.
  • Informez les autorités compétentes – directeurs d’école, enseignants, police.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la cyberintimidation et sur les moyens de la prévenir, consultez www.cyberbullying.ca.

Ressources pertinentes :

www.bullying.org

www.cyberbullying.ca

Jeunesse, J’écoute 1-800-668-6868

Conseil canadien de la sécurité

Ressource de la Société canadienne de pédiatrie sur les soins aux enfants

Canadian Safe Schools Network

Références bibliographiques :

  1. COLOROSO, Barbara. The Bully, the Bullied, and the Bystander: From Pre-School to High School – How Parents and Teachers Can Help Break the Cycle of Violence.
  2. « Tough talk on bullying: Best-selling author helps parents halt cycle of violence », The StarPhoenix, Saskatoon, 26 septembre 2002.
 
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